Observatoirede la potabilité réglementaire

Observatoire de la potabilité réglementaire

Pourquoi ce site existe

Ce que « conforme » veut dire, et depuis quand.

Rosée sur une feuille. Photographie Maude Mytae, série Quand l'eau rencontre la terre, Éditions Mytae. Tous droits réservés.

Le mot de celui qui fait ce site

Je me suis mis à lire des analyses d'eau. Pas par métier, mais parce que je voulais savoir ce qu'il y a vraiment dans celle que je bois.

Une analyse d'eau est un document étrange. Des centaines de lignes, des noms de molécules que personne ne connaît, des valeurs à trois décimales. Et tout en bas, un seul mot qui efface tout le reste, conforme. Je suis resté longtemps sur ce mot. Conforme à quoi, exactement ?

À force d'en lire, j'ai commencé à comparer. Puis j'ai comparé dans le temps. Et c'est là que je suis tombé sur la chose qui a tout déclenché. Une valeur trop élevée dans un vieux bulletin ne l'était plus dans un bulletin récent. Même molécule, même chiffre, deux conclusions opposées. Une erreur de lecture ? Non. La limite avait changé, et rien ne le disait.

Alors j'ai voulu savoir combien de fois c'était arrivé, et je les ai cherchées une par une, à la main. Je les appelle des bascules. Au départ, je pensais que ça tiendrait dans un tableau.

Ça n'a pas tenu dans un tableau. Et en cherchant les bascules, j'ai trouvé autre chose. Que la liste des substances recherchées change d'une région à l'autre et d'une année sur l'autre. Qu'une eau peut devenir conforme parce qu'on a cessé de mesurer ce qui dépassait. Que des centaines de milliers de mesures n'ont, en face d'elles, aucune limite au monde. Rien de tout ça n'était mon sujet de départ, et c'est ce qui m'a donné envie d'aller beaucoup plus loin.

Je ne suis ni chimiste, ni hydrologue, ni journaliste. Je suis quelqu'un qui lit, qui compte, et qui vérifie. C'est une limite, et je la prends au sérieux. C'est pour ça que tout ce que je publie est daté, sourcé, versionné, et que la méthode est exposée en entier. Vous n'avez pas à me croire. Vous pouvez refaire le calcul.

Yannick Mytae

Ce que fait l'Observatoire

Il sépare la mesure du verdict.

Une mesure est un fait physique. Telle substance, à telle valeur, tel jour, à tel endroit, et ce fait-là ne change pas.

Un verdict est autre chose, une convention administrative, le mot « conforme ». Et cette convention se déplace dans le temps. La même eau, avec exactement la même mesure, peut être non conforme en 2016 et conforme en 2026. L'eau s'est-elle améliorée entre les deux ? Non.

Ce n'est pas l'eau qui est devenue potable. C'est la limite qui a bougé.

Chaque mesure publique du contrôle sanitaire est donc notée trois fois, contre la grille de 2016, contre celle en vigueur, et contre la plus protectrice identifiée. De ce triple regard naît l'indicateur central du projet, la bascule. Une mesure qui dépassait la limite d'hier et ne dépasse pas celle d'aujourd'hui.

Un bulletin déclaré parfaitement conforme et qui comporte des bascules est la démonstration matérielle de la thèse. Ce n'est pas une opinion sur l'eau, c'est une opération arithmétique, reproductible, sur des données publiques.

Au 25 août 2026, sur 175 310 analyses complètes couvrant 94 départements, 30 515 mesures dépassaient la limite de 2016 et ne dépassent pas celle d'aujourd'hui. Dont 11 862 bulletins déclarés conformes qui en comportent au moins une. Ces nombres sont recalculés à chaque construction du site, et ils portent leur date parce qu'ils vieillissent.

Ce qu'il ne fait pas

Il ne dit pas si votre eau est bonne. Il dit contre quelle règle on l'a jugée, à quelle date cette règle a été écrite, ce qu'on a cherché, ce qu'on n'a pas cherché, et ce que l'analyse ne pouvait pas voir.

Il n'accuse personne. Le sujet est la construction réglementaire du seuil, jamais l'agence de santé, le distributeur, le maire ou l'agriculteur. Or un exploitant qui respecte une limite fixée par arrêté n'est pas en faute, et c'est la limite qu'on examine.

Il ne recommande rien. Aucune marque, aucun produit, aucun équipement, aucun traitement, aucun conseil individuel, nulle part et pas même en note. Vous vous interrogez sur votre eau ? Les interlocuteurs sont l'ARS de votre région, votre mairie, et les données publiques Orobnat.

Ces interdictions ne sont pas de la prudence décorative. Elles sont au nombre de huit, chacune a été écrite après une erreur réellement commise, et elles sont publiées. Car c'est ce qui rend ce travail contestable point par point, donc solide.

Les huit refus, en entier
  1. Interroger la norme, jamais accuser les acteurs. Le sujet est la construction réglementaire du seuil — jamais l'agence de santé, le distributeur, le maire ou l'agriculteur.
  2. Outil de conscience, pas de prescription. Aucune marque, aucun produit, aucun conseil individuel, nulle part, pas même en note.
  3. Aucune valeur écrite sans sa source, et une source qui porte sur la substance d'à côté n'est pas une source.
  4. Aucun verdict sans son dénominateur. « 323 substances notées sur 383 » accompagne toute conclusion.
  5. Aucune comparaison sans l'effort de recherche de chaque terme, et un département se compare d'abord à lui-même.
  6. Aucune série dans le temps à liste variable — sinon une baisse des recherches passe pour une baisse des détections.
  7. Un faux positif coûte plus cher qu'un faux négatif. Dans le doute, le verdict n'est pas prononcé : il est listé comme indéterminé.
  8. Un effet n'est jamais attribué à un texte qui lui est postérieur. Une cause écrite après le fait qu'elle prétend expliquer n'est pas une cause.

Ce que ça vaut, et ce que ça ne vaut pas

Ce site n'a aucun caractère officiel. Il ne se substitue ni au contrôle sanitaire, ni à l'information publique, ni à l'avis d'une autorité de santé. Les conclusions officielles sont celles de l'ARS, et elles figurent sur chaque fiche, telles qu'elles ont été rendues.

Il peut comporter des erreurs. Un référentiel de seuils est un travail d'interprétation de textes, et un texte se lit. Une valeur mal rattachée, une unité mal convertie, un périmètre mal compris. C'est arrivé, et cela réarrivera.

Il est incomplet, et il le dit partout. La collecte couvre les 96 départements de métropole au 25 août 2026, tous collectés en entier, Corse comprise ; 94 d'entre eux portent au moins un bulletin complet. L'écart n'est pas un retard de collecte, c'est mon seuil de 200 paramètres qui écarte les autres. Aucun département n'est publié à moitié, car un département à moitié collecté ment davantage qu'un département absent. Une commune absente est-elle une commune dont l'eau serait bonne ? Non. C'est une commune dont le tour n'est pas encore venu.

L'outre-mer n'est pas récolté. La donnée existe chez Hub'Eau et le chantier est ouvert. Mais une question de fond n'est pas tranchée, et elle commande tout le reste. Les seuils applicables outre-mer sont-ils ceux de la métropole ? Tant que je ne l'ai pas lu dans le texte, aucun bulletin ultramarin n'est noté ici. Un verdict rendu contre la mauvaise grille vaut moins que pas de verdict du tout.

Il ne conclut pas quand il ne peut pas. Il y a trois états et jamais deux, conforme, dépassement, et indéterminé. Un indéterminé n'est pas un conforme. Et un résultat à zéro signifie « en dessous de ce que le laboratoire sait mesurer », jamais « absent ».

Les corrections

Les erreurs de ce site sont publiées au même titre que ses trouvailles, datées, expliquées, et avec leur portée mesurée. Combien de pages, combien de communes.

Le 13 août 2026, le site écrivait « eau du réseau X » en désignant en réalité le gestionnaire, alors qu'un même gestionnaire exploite souvent plusieurs réseaux qui ne distribuent pas la même eau. La formulation figurait sur 2 829 fiches, et 135 regroupements réunissaient des communes qui ne boivent pas la même eau. Corrigé le jour même, et raconté sur le site à côté des autres dossiers.

Pourquoi raconter ses propres erreurs ? Parce que c'est la seule garantie que je peux offrir qui ne dépende pas de ma bonne foi. Si vous en trouvez une, écrivez. Elle sera corrigée et la correction sera publiée, comme celle-là.

Signaler une erreur

D'où viennent les données

Des analyses officielles du contrôle sanitaire, base SISE-Eaux, ministère chargé de la santé, récupérées via l'API publique Hub'Eau, sous Licence Ouverte 2.0.

Seules les analyses complètes sont exploitées, celles qui portent plus de 200 paramètres. Et les bulletins de routine ? Ils en portent une vingtaine, ils ne peuvent pas conclure, donc ils ne concluent pas ici. Ils diraient toujours que tout va bien.

Le référentiel de seuils, la méthode et la base sont publiés sous ODbL 1.0, le code sous licence MIT. Chaque bulletin analysé est estampillé de la version du référentiel qui a servi à le noter et de la date du calcul. Un chiffre publié reste donc rattachable à la règle qui l'a produit, même si la règle change ensuite.

Ce travail est mené sans financement public ni privé, sans publicité, sans traceur, et sans commanditaire. Il n'y a rien à vendre dans une fiche communale, et il n'y en aura jamais.

La méthode · Sources & données · Le référentiel de seuils

Éditions Mytae · hors Observatoire

Ce qui suit n'est plus l'Observatoire. C'est ce que je fais à côté, et c'est ce qui le finance. Aucune des données publiées plus haut n'en dépend, et rien de ce qui suit n'apparaît dans une fiche communale. C'est la règle que je me suis donnée le premier jour.

Ce que je fais à côté

L'Observatoire est né d'un travail plus large, et il l'a débordé. Deux choses en sortent directement, un livre et un podcast. Ils portent le même titre, Le fil de l'eau, et c'est voulu. Le reste de mon activité d'auteur vit ailleurs, et c'est mieux ainsi.

Paraît le 15 septembre 2026

Le livre

Le fil de l'eau, « Enquête, expériences et gestes ». 376 pages, huit parties, cinquante chapitres, ISBN 978-2-322-84208-7.

C'est l'enquête dont l'Observatoire est l'appareil de preuve. Ce qu'il y a dans l'eau, comment on l'a su, et ce que le mot « conforme » a fini par vouloir dire. Un chapitre entier va à la réglementation. Comment une limite s'écrit, qui l'écrit, contre quoi elle se négocie, et ce qui se passe quand elle se déplace.

Ce site en est la partie vérifiable. Tout ce que le livre avance sur les seuils peut être recompté ici, commune par commune.

Le livre, et un extrait en entier

Un épisode le mercredi

Le podcast

Il est en ligne. Dix minutes, le mercredi. Les épisodes vont par deux, un épisode sur quelqu'un qui a passé sa vie sur une question de l'eau, puis un épisode sur la notion que cette vie-là a ouverte.

C'est le format qui manque au site, ce qui ne rentre pas dans un tableau. Comment une norme se fabrique, ce qu'on trouve quand on cherche vraiment, et les impasses. Car il y en a.

Écouter Le fil de l'eau

Aussi sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer et YouTube. Le flux se prend directement à feed.ausha.co/eLQOZummnK2P.

Le reste

Formations, masterclass, interventions, tout cela relève de mon travail d'auteur et se trouve sur yannick-mytae.fr. Rien de ce qui s'y trouve n'entre dans l'Observatoire, ne s'appuie sur ses données, ni n'apparaît dans une fiche communale.

Voir yannick-mytae.fr

Précision qui n'est pas négociable. L'Observatoire ne recommande aucun équipement, aucun traitement, aucun produit, et ne donne aucun conseil individuel, sur chacune de ses pages et quelles que soient les activités présentées par ailleurs. Ni le livre ni le podcast ne vous diront quoi boire.

Participer

Ce site est gratuit, sans publicité, sans traceur, et il le restera. Il n'est pas gratuit à produire.

Je ne demande pas de don. Un don va à une cause et ne vous doit rien, alors qu'une participation va à un travail dont vous avez déjà reçu le résultat. Vous avez lu la fiche de votre commune, elle ne vous a rien coûté, et elle a coûté quelque chose à quelqu'un. Participer, c'est reconnaître ça, pour le montant que vous jugez juste, une fois, sans engagement et sans abonnement.

Combien ça coûte, au juste ? L'unité, ici, c'est le département. Collecter les analyses d'un département entier, les vérifier, les noter contre les trois grilles et les publier demande cinq à sept heures de travail, plus le coût des machines et de l'hébergement. Ce n'est pas un tarif, c'est le seul ordre de grandeur honnête que je puisse donner.

Participer

Le montant est libre, le versement unique, sans engagement et sans abonnement. Le paiement est traité par Stripe, donc l'Observatoire ne voit ni ne conserve aucune coordonnée bancaire, et cette page ne dépose toujours aucun traceur.

Ce qu'une participation ne donne pas

Il faut que ce soit écrit, parce que c'est ce qui protège tout le reste.

  • Aucun droit de regard. Ni sur ce qui est publié, ni sur ce qui ne l'est pas, ni sur la formulation d'une page.
  • Aucune priorité. Participer ne permet pas de choisir le prochain département collecté, ni de faire avancer une commune dans la file.
  • Aucune modification d'une fiche. Aucune somme ne fait retirer, nuancer, avancer ou retarder la publication d'une commune, d'un réseau ou d'un distributeur.
  • Aucun contenu réservé. Il n'y a pas de version payante de l'Observatoire, et il n'y en aura pas. Tout ce qui est publié l'est pour tout le monde, en même temps.
  • Aucune liste publique. Les participants ne sont pas nommés sur le site.

Si un financement devait un jour changer quelque chose à ce que je publie, je ne le prendrais pas.

Et si vous préférez recevoir quelque chose

Acheter le livre, écouter le podcast ou venir à une formation soutient exactement le même travail, et c'est d'ailleurs ce qui le finance pour l'essentiel. Participer n'est qu'une manière de le faire sans rien attendre en retour.

Et si vous ne pouvez ou ne voulez rien donner ? Le travail le plus utile reste gratuit. Lire la fiche de votre commune jusqu'au bout, la transmettre à quelqu'un que ça concerne, signaler une erreur. C'est ce dont ce projet a le plus besoin.

Comment citer

Observatoire de la potabilité réglementaire, [titre de la page], version de référentiel 982f3e6ea21d, calculé le 25 août 2026, consulté le [votre date]. Merci de citer la version du référentiel. Un chiffre sans sa version et sa date n'est pas reproductible.